Cartignies

Cartignies

Compliments

Objet : Compliments  à  M. Meresse.  

Par Evelyne & Jean-Michel PARIS

02170 LE NOUVION EN THIERACHE

 

Références : Parcours au service du devoir de mémoire.

 

Monsieur Meresse, toute une vie d'honneur contre l'oubli,

                 C'est d'abord l'homme que je veux saluer, celui qui a su surmonter sa douleur et sa peine pour initier les autres au devoir de mémoire.

C'est un long chemin que vous avez parcouru, sans jamais oublier.

Et c'est pourquoi vous tenez à ce que les autres, aussi, se souviennent.

                         A un âge où d'autres profitaient de leur enfance, Albert Meresse, touché en plein cœur de sa famille (un père et deux frères déportés, décorés de la légion d'honneur à titre posthume), fidèle messager de ces « hommes de l'ombre » continuait à vivre dangereusement, au côté de sa mère (décorée elle aussi de la légion d'honneur), et à mettre une confiance aveugle en l'espoir avant que d'exprimer sa peine.

                        Cette confiance en l'espoir, cette abnégation au service de la liberté -celle pour laquelle des patriotes français se battaient pour que les filles et les fils de la France redeviennent libres- ont guidé Albert Meresse, meurtri au plus profond de sa chair, dans une quête commencée en 1976.

                        Humble instrument de cette recherche, il est sollicité, en 1980, par Michel Cadart pour organiser une exposition sur la résistance à Fesmy le Sart.

Non content d'avoir rassemblé des documents écrits, photographiques, il a su leur donner la parole et une âme.

Son travail est exemplaire parce qu'il est vrai, et parce qu'au travers de la disparition de ses proches, il parle de la vie.

                         En 1987, ce « chasseur de mémoire », au prix de réveiller d'anciennes douleurs, commence des recherches sur tout ce qui a concerné l'action de son père dans la Résistance. Ces recherches, en partie achevées en 1991, furent couronnées, en avril 1992, par un recueil publié dans le journal  l'Observateur d'Avesnes.

                       En 1992, il accueille, à la demande du Maire de Cartignies, un autocar d'anciens déportés venant de Lille.

Ces derniers, désireux de découvrir des précisions sur la Résistance dans la région de Cartignies, allèrent également rendre hommage à Emile Edmond Vallée (arrêté avec le père de M. Meresse), fondateur du Journal Le Combattant et décédé en 1991.

                        Inlassable dans sa quête au service de la liberté et pour le 50ième anniversaire de la Libération, il répond en 1994 à une demande du journal l'Observateur concernant les actions de la Résistance dans le village de Cartignies. Il édite cette même année, sur le sujet de la Résistance et de la Déportation, un nouveau recueil mis à jour (parution dans le journal l'Observateur) ainsi qu'une cassette VHS en noir et blanc.

                      Infatigable, souvent au mépris de sa santé, et ce afin que d'autres, aussi, se souviennent-il a raison, on ne peut et on ne doit pas oublier- il rappelle que des fils ont perdu leur père, des femmes leur époux, des mères leurs fils pour une idée : que la France retrouve sa liberté.

                       Ses pas l'amènent, en 1997, au collège de Caudry pour une causerie sur la résistance avec les élèves de 3ième. Il s'est juré de faire en sorte que les générations qui suivent n'oublient pas le sacrifice de ces français qui ont tout donné pour que leurs enfants redeviennent libres. Il en parle sans haine, mais ne peut pardonner.

                           Qui pourrait pardonner la disparition d'un père qui bravait les interdits pour que ses enfants puissent vivre la tête haute ?

Ce parcours, tous ceux qui l'ont écouté l'ont fait avec lui, cette peine, ils l'ont aussi éprouvée, parce que son témoignage est exemplaire.

                        Son état de santé ne l'empêche pas de visiter toutes les expositions de la région et, très souvent, de commenter les faits de la Résistance dans l'avesnois.

En 2000, non content d'avoir rassemblé des documents écrits et photographiques, il a su leur donner la parole et une âme dans une nouvelle cassette, VHS-couleur cette fois. Derrière la peine, il a mis des mots, derrière les mots des images.

                         En 2002, il organise avec Michel Cadart une exposition sur le général De Gaulle à Landrecies.

                         2004 voit la naissance d'un premier DVD « La résistance de Jules Meresse », car  il maîtrise aussi bien le discours que les médias pour le diffuser. Ce DVD remporte un grand succès dans la région.

                      En 2005, à l'initiative de Michel Cadart qui organise une exposition pour le 60ième anniversaire de la déportation, il commente la déportation au camp de Dora où sont disparus son père et ses deux frères.

En 2006, il est invité par Guy Constant pour son exposition sur la Résistance à Arques.

                      La même année, invité par le Préfet du Nord pour la remise des prix du concours de la Résistance, il fait encore une fois preuve de détermination dans un éloge fortement apprécié et dédicacé par M. le Préfet.

                       En novembre 2006, contacté par le syndicat d'initiative de Boué pour une exposition de 7 jours « la Résistance dans le monde rural » il est quotidiennement présent pour en commenter les divers tableaux, recevoir les élèves et commenter certaines scènes de son deuxième DVD, plus de 1200 entrées prouvent l'intérêt et la qualité de ce « devoir de mémoire ».

                      Son  travail est exemplaire parce qu'il est vrai, et parce qu'au travers de la disparition de ses proches, il parle de la vie.

Personne ne sort  indemne d'une telle confrontation :

-                ni lui qui a perdu une grande partie de sa famille,

-                ni nous qui, spectateurs de cette exposition et  de ce film, devinons l'horreur derrière l'héroïsme.

Mais cette épreuve est nécessaire pour que tous sachent ce qu'a été le sacrifice d'une génération et l'on en sort grandi.

                         En 2007, il fait confectionner un drapeau « Résistance et Déportation 1940 / 1945 » destiné à accompagner les derniers Résistants et Déportés vers leur dernière demeure.

                       En octobre de la même année, il est présent avec Serge Adiasse, au collège Colbert Quentin de Le Nouvion en Thiérache pour la lecture de la lettre de Guy Moquet, il en profite pour effectuer un tour d'horizon sur la Résistance et la Déportation.

                       Présent à tous les défilés patriotiques dans son village et les villages voisins, il perpétue, malgré une santé fragile, l'hommage du combat de ses parents d'une manière pacifique et, apparemment inébranlable, il continue de tracer leur sillon.

                        A 75 ans, le parcours de cet humble artisan du « Devoir de Mémoire » est exemplaire.

Toutes ses interventions sont des messages de paix qu'il laisse aux générations à venir pour qu'elles aussi continuent -non pas d'enfermer dans des livres- mais de faire vivre le souvenir de celles et ceux qui ont perdu leur vie pour sauver la nôtre.

                       Mais toujours vous restez humble et c'est à cette simplicité que je veux aussi rendre hommage. Toujours, d'un sourire emprunt de tristesse, vous esquivez les honneurs.

Vous les méritez pourtant.

 

Vos parents ont fini leur combat, continuez à mener le  vôtre.

Merci Monsieur Meresse de nous épargner la honte de l'oubli.

 

                                               E & JM PARIS



01/09/2010
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